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La loi 21 et l’élection de 2022

La récente campagne électorale fédérale a bien démontré que la Loi sur la laïcité de l’État (loi 21) adoptée par l’Assemblée nationale du Québec en juin 2019 constitue un enjeu politique incontournable. Le Bloc québécois a alors décidé de faire de la défense de cette loi un enjeu d’identité nationale et d’autonomie québécoise face au fédéral. Rappelons qu’en plus du caucus de la CAQ, celui du PQ a voté en bloc pour cette loi, tandis que le PLQ et Québec solidaire ont voté contre. Est-ce qu’une loi adoptée dans la controverse et la division il y a deux ans peut faire partie de notre identité? Ce n’est pas sérieux. Mais ce qui est clair est que le camp nationaliste conservateur, qui regroupe maintenant la CAQ, le PQ et le Bloc, a décidé d’en faire un cheval de bataille. La direction des OUI-Québec est même allée jusqu’à en faire un argument en faveur de l’indépendance. Quelle honte! On ne pouvait que constater l’incompatibilité du projet indépendantiste inclusif de QS et du projet nation
Articles récents

Tout le monde doit lire ce livre!

Notes de lecture de Pour une écologie du 99%, 20 mythes à déboulonner sur le capitalisme , par Frédéric Legault, Arnaud Theurillat-Cloutier, Alain Savard, Écosociété, 2021.  À la veille de la 26e conférence annuelle mondiale sur le Climat (COP26), la principale menace qui pèse sur l’évolution du climat, la biodiversité et les conditions de vie de l’humanité n’est pas le climato-scepticisme, de plus en plus rare, mais le climato-optimisme des partisans d’une transition en douceur vers un mythique capitalisme vert. L’ouvrage de Legault, Theurillat-Cloutier et Savard présente une argumentation solide contre les mythes qui nous empêchent de voir plus loin que les beaux discours des Trudeau, Biden, Macron et compagnie.  Ces mythes nourrissent la stratégie des secteurs les plus accommodants du mouvement écologiste, axée sur un dialogue stérile avec les grandes entreprises et les gouvernants plutôt que sur l’identification lucide des blocages institutionnels. Cette pensée magique verte contam

Pour une plateforme d'urgence climatique et de justice sociale

En comité de coordination élargi, le 29 septembre, l’association de Québec solidaire pour la circonscription de Hull a adopté quelques amendements et nouvelles propositions en vue du congrès de novembre. Je vous les présente ici, avec des explications brèves, en espérant que d’autres associations voudront bien les reprendre d’ici la date limite du 13 octobre (pour les amendements), ou sinon, les appuyer lors du congrès.  Climat: Un peu plus haut, un peu plus loin Pour faire face à  l’urgence climatique, il faut se fixer les cibles les plus ambitieuses dans les échéances les plus proches, car à mesure que les années s’écoulent, avec les émissions qui continuent, la réduction permettant d’éviter un réchauffement catastrophique devient de plus en plus difficile à atteindre. L’administration Biden (un politicien favorable aux gaz de schiste...) s’est donné la cible de 50% par rapport à 2005, ce qui est nettement insuffisant. Plusieurs pays d’Europe vont plus loin. Le mouvement écologiste p

La bataille de 2022

Dans un an, après les élections fédérales et municipales, ce sera au tour des élections à l’Assemblée nationale du Québec. Celle de 2018 avait été un point tournant pour Québec solidaire qui s’était hissé, une fois la poussière retombée, à la troisième place dans notre échiquier politique. Comment pouvons-nous faire en sorte que QS fasse des gains significatifs quatre ans plus tard, dans un paysage politique relativement stable et bien rempli?  Quatre camps incompatibles Ce n’est pas par hasard que le paysage politique québécois se divise entre quatre principaux partis. Chacun dispose de son terrain spécifique dans un système résultant d’une division sur deux axes: indépendance vs fédéralisme, conservatisme identitaire vs inclusion. La CAQ incarne un fédéralisme conservateur, le PLQ un fédéralisme inclusif, le PQ un indépendantisme conservateur, et QS un indépendantisme inclusif. Le Parti conservateur dispute à la CAQ son coin fédéraliste et conservateur, ce qui le place dans une posit

Les contradictions de Québec solidaire

Depuis le début, le projet politique de Québec solidaire repose délibérément sur certaines ambiguïtés afin de permettre un rassemblement large de la gauche, au-delà des différentes perspectives stratégiques qui la traversent. Nous avons décidé en 2006 de fonder un parti et de participer aux élections. Est-ce à dire que nous croyons qu’il suffit de gagner une élection générale ou deux pour réaliser notre programme? Certaines personnes le croient peut-être. D’autres sont convaincues que sans une mobilisation sociale sans précédent et un effort constant de vigilance à l’interne contre les tendances centralisatrices, Québec solidaire connaîtra le même sort que bien d’autres partis de gauche une fois au pouvoir et décevra amèrement la plupart de ses partisans. D’autres encore pensent qu’il est déjà trop tard et que QS est un parti social-démocrate comme les autres.  Depuis le début aussi, QS fait face à des pressions énormes de la part des institutions en place (parlement, média, système éc

Parlons de stratégie! - En appui à l’option B dans le débat au conseil national sur les axes de la plateforme électorale de Québec solidaire.

Le conseil national des 15 et 16 mai va traiter notamment de la question des axes de la plateforme électorale en vue des élections générales de l’automne 2022. Il appartiendra au congrès de cet automne d’adopter une série de propositions spécifiques liées à chacun des axes retenus. Ce nouveau processus devrait nous permettre de mieux cadrer la discussion sur la plateforme.  Trois grandes options se retrouvent dans le cahier synthèse des propositions. L’option A est une proposition synthèse reprenant la proposition initiale en 20 axes de la commission politique (CP) en y intégrant quelques amendements venant d’associations locales. L’option B, avec huit axes, est présentée conjointement par les associations de Hull, Laval (région) et Laval-des-rapides. L’option C, présentée par les associations locales de Viau et Prévost, reprend en partie celle qui avait été d’abord adoptée à Hull, mais avec des différences significatives.  Un petit historique Par le passé, le parti a eu la mauvaise ha

La question du Québec est-elle réglée?

À l’occasion de la Fête nationale du Québec et du 153 e anniversaire de la Confédération, 40 ans après le premier référendum sur la souveraineté, il convient de se demander si la question du Québec pourrait en fait être réglée. La population n’a-t-elle pas rejeté par deux fois (en 1980 et 1995) le projet qui lui avait été présenté par le Parti québécois au pouvoir? L’État canadien n’a-t-il pas reconnu dans les faits le droit du peuple québécois à l’autodétermination en tolérant la tenue de ces référendums et en y participant? Une situation bien différente de celle qui est présentement vécue en Catalogne, par exemple. L’unité canadienne par tous les moyens Dans les années 1960, dès que le mouvement indépendantiste moderne a commencé à devenir un phénomène politique significatif au Québec, l’État canadien a mobilisé toutes ses ressources pour l’écraser, y compris la police et l’armée. Les indépendantistes (dont beaucoup étaient aussi socialistes) ont été infiltrés, fichés, surveil