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Articles

Unilatéralisme et souveraineté populaire

L’entente en vue d’une fusion entre Québec solidaire et Option nationale est un document qui prend son sens lorsqu’on le situe historiquement dans l’évolution du mouvement indépendantiste et de la gauche. Une telle approche permet de prendre du recul par rapport aux détails de l’entente, et de se rappeler que l’essentiel est la lutte dans laquelle nous sommes engagés contre les forces du statu quo économique, social, écologique et constitutionnel. Dans cette lutte, les principes de la souveraineté populaire et de l’unilatéralisme dans la démarche indépendantiste sont complémentaires, et non opposés. La fusion entre Québec solidaire, dont la démarche a été davantage axée sur la souveraineté populaire, et de ON, qui incarne davantage l’approche unilatéraliste, devrait reposer sur une compréhension de l’interdépendance de ces deux éléments. L’impossible négociation Il convient d’abord de rappeler que le peuple québécois est soumis depuis maintenant 35 ans à une constitution can...

L’islamophobie, fer de lance de la nouvelle extrême-droite

Les événements des derniers mois devraient nous amener à comprendre l’importance stratégique de l’islamophobie dans l’arsenal de la droite radicale nationaliste sous ses diverses formes. C’est le fer de lance qui permet de faire passer une série d’idée qui autrement auraient de la difficulté à prendre une place dans les débats politiques ordinaires et les mass médias. C’est au nom du combat contre « l’islamisation » que des groupes comme La Meute et la prétendue Alt-right se construisent une crédibilité et recrutent des adhérents. Voyons comment fonctionne la mécanique islamophobe pour mieux la déconstruire et la contrer. D’abord, l’islamophobie actuelle part d’un phénomène réel, celui de la montée en influence des courants politiques simplement conservateurs, carrément autoritaires ou violemment réactionnaires se réclamant de l’Islam. La première étape de la construction de l’idéologie islamophobe consiste à confondre tous ces courants politiques divers en une seule ma...

Où en est la démocratie à Québec solidaire?

Toutes les personnes qui se sont impliquées à Québec solidaire depuis le début reconnaîtront qu’il s’agit d’une organisation qui prend au sérieux la question de la démocratie. C’est sans doute le parti le plus démocratique au Québec et possiblement en Amérique du Nord et au-delà. Ceci étant dit, notre conception de la démocratie n’est pas toujours claire, nos pratiques ne sont pas toujours à la hauteur de nos principes, et les défis à venir pour un parti en croissance sont nombreux. Voici donc quelques réflexions visant à clarifier nos idées en vue d’améliorer nos pratiques et d’éviter des problèmes qui pourraient faire dévier notre organisation dans une direction contraire à l’intention initiale. Une démocratie délibérative et non plébiscitaire Un des principes de base du fonctionnement de QS, depuis le début, est que nous privilégions une démocratie de délibération plutôt que des méthodes plébiscitaires. C’est-à-dire que nous cherchons à structurer des débats à la base, im...

La Constituante à tout faire: La fusion QS-ON et le débat sur le mandat de l’assemblée constituante

Les débats à Québec solidaire au sujet du rôle et du mandat de l’assemblée constituante ont repris de plus belle à la faveur des négociations sur la fusion possible avec Option nationale. Plusieurs nouvelles contributions ont été diffusées au cours des derniers jours incluant une position commune de Paul Cliche et Jonathan Durand Folco [1] et des textes de Pierre Mouterde [2] et de Éric Martin. Tout le monde semble s’entendre (y compris à ON … et même au PQ !) sur un processus d’accession à la souveraineté en trois étapes : l’élection d’une majorité indépendantiste à l’Assemblée nationale, un processus d’assemblée constituante, puis un référendum. Le débat à QS, comme dans la période 2013-2016, porte sur les rôles respectifs de ces trois étapes dans le processus de même que le rôle du parti et des mouvements. Nous croyons que toutes ces interventions récentes accordent une trop grande importance au mandat de l’assemblée constituante et pas assez aux autres aspects d...

Débat sur le projet de loi 62 : Vers une laïcité égalitaire

Le dépôt d’amendements au projet de loi 62 sur la neutralité de l’État constitue une occasion pour Québec solidaire de mettre de l’avant des idées importantes dans le débat sur l’identité, la laïcité et le pluralisme. Le passage du témoin entre Françoise David et Gabriel Nadeau-Dubois comme porteur du dossier à l’Assemblée nationale permet aussi d’ajuster le positionnement du parti dans un sens plus clairement égalitaire. Mais pour ce faire, l’équipe parlementaire devra faire preuve d’audace et de pédagogie et éviter les formules toutes faites. Rappelons que le PL62 constitue la conclusion, pour le gouvernement libéral, des dix ans de débat qui ont agité la société québécoise depuis que Mario Dumont et certains médias ont lancé la fausse crise des accommodements raisonnables [1] . Il affirme la neutralité de l’État québécois sur le plan religieux (évitant le terme de laïcité considéré comme trop sujet à interprétation), établit un cadre pour le traitement des demandes d’accommod...

40 ans depuis Un Québec impossible de Pierre Vallières

Peu de personnes ont marqué l’évolution de la gauche québécoise autant que Pierre Vallières. Issu d’un milieu ouvrier, il a participé au cours des années 1960 à des publications influentes telles Cité libre et Parti pris. Devenu résolument indépendantiste et socialiste, il fut un des inspirateurs du Front de libération du Québec. Après la crise d’octobre 1970, il publie un essai (L’urgence de choisir) appelant toute la gauche indépendantiste à se joindre au très jeune Parti québécois. C’est en 1977 qu’il publie Un Québec impossible , l’essai qui marque la fin de son appui pour le Parti québécois. Pour lui, il est déjà évident, quelques mois après la victoire surprise du 15 novembre 1976, que le PQ n’a aucunement l’intention ou la capacité de mener une lutte déterminée pour l’indépendance. En fait, le contenu de son projet, de plus en plus aligné sur le consensus nord-américain, n’a plus rien d’indépendantiste. Il revient à quémander une meilleure place pour l’État colonisé québéco...

DÉCOLONISER: Arguments pour un renouveau indépendantiste

NB: Le texte qui suit constitue une tentative de résumé de l'argumentation qui sera développée en détail dans l'essai sur lequel je travaille depuis quelques mois. J'espère qu'il sera publié cet automne. Vos commentaires et suggestions sont les bienvenus. Le titre du billet serait celui du livre, jusqu'à ce que je trouve quelque chose de mieux... Dans le mouvement indépendantiste québécois des années 1960 et 1970, le thème de la décolonisation était omniprésent. Ce qui s’explique par le contexte des mouvements de décolonisation du Tiers-Monde. Les indépendantistes s’identifiaient alors aux luttes menées du Viet Nam à Cuba en passant par l’Algérie. C’était aussi l’époque de la lutte pour les droits civiques des Afro-Américains et du American Indian Movement (AIM) : des luttes anticoloniales de l’intérieur tout près de chez nous. Dans ce climat de mobilisation et de remise en question des structures de pouvoir, le Québec vivait des transformations profondes qui s...