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Articles

Vers une grande alliance postcoloniale

Beaucoup de contributions au débat qui a cours présentement à Québec solidaire sur la question des alliances politiques tournent autour de la dynamique possible entre les partis, dans un paysage politique qu’on estime bloqué. Mais il n’y a pas que par les fusions et les coalitions entre forces politiques existantes qu’on peut trouver une issue à la situation actuelle. La coalition de forces sociales, de mouvements de contestation, de groupes d’intérêt et de courants d’idée constitue en fait des avenues beaucoup plus prometteuses que les tractations partisanes plus ou moins claires au niveau des principes et les calculs bassement électoraux. Parmi ces possibilités, celle d’une grande alliance postcoloniale entre le mouvement indépendantiste québécois, les lutte des Premières nations pour l’autonomie, et le combat antiraciste, constitue un axe à considérer sérieusement. Et seul Québec solidaire, dans le paysage politique québécois actuel, peut servir de point de ralliement pour cette ...

Cinq tracts à la Place des fêtes

Le dimanche 30 avril, à mi-chemin entre les deux tours de l’élection présidentielle française, ma conjointe et moi sommes allés faire notre marché à la Place des fêtes, dans le 19 e arrondissement. Durant notre périple à travers les kiosques des marchands de légumes, de fromage et d’accessoires en solde, nous avons croisé cinq opérations de diffusion de tracts : la campagne Macron (En Marche !), le Parti socialiste, le Parti communiste, la France insoumise et le Nouveau parti anticapitaliste (NPA). Personne ne diffusait pour Le Pen et le Front national dans ce quartier qui a placé Mélenchon en tête au premier tour avec 30% des voix, laissant un maigre 5,78% à la candidate d’extrême-droite. L’instrument de campagne de l’ancien ministre « socialiste » et ancien banquier se présentant comme « de droite et de gauche à la fois » est un tissu de banalités du genre « lorsqu’il parle d’économie, lui, il sait de quoi il parle ; il a travaillé dans une e...

Oser la proposition d’un gouvernement solidaire

Une élection générale, dans notre système politique actuelle, sert principalement à déterminer une chose : qui formera le prochain gouvernement. C’est sur cette base que la majorité de la population détermine son vote, peu importe les dynamiques locales. Des objectifs comme « avoir plus de votes » ou « faire élire plus de députés » peuvent avoir du sens pour un parti, mais pas pour l’électorat. Le Bloc québécois l’a appris à ses dépens en 2011, quand une bonne parte de sa base traditionnelle a décidé de voter NPD en vue de remplacer le gouvernement Harper par la meilleure des deux alternatives crédibles du moment. Aussi, conclure un pacte tactique avec un autre parti dans le but de faire élire quelques députés de plus pour les deux organisations impliquées peut avoir l’air d’une modeste manœuvre visant à modifier quelque peu la composition de l’Assemblée nationale. On pourrait croire que c’est une proposition gagant-gagnant et la seule manière de faire pr...

Convergence, alliance, pacte… pour faire quoi avec qui ?

Les rapports entre partis politiques peuvent prendre toutes sortes de configurations et on remarque parfois de la confusion, ces temps-ci, lorsqu’on discute des relations possibles entre Québec solidaire et le Parti québécois. Voici quelques définitions et certaines hypothèses sur les résultats des propositions en discussion. fusion Tout le monde semble s’entendre sur le fait qu’on n’envisage pas unir le PQ et QS pour n’en faire qu’un seul parti. Tant les porte-parole du PQ que de QS sont clairs sur cette question. Par contre, pour ce qui est d’Option nationale, plusieurs à QS (dont la recrue dont on parle beaucoup ces temps-ci) sont intervenus en faveur d’une fusion, et la direction d’ON est ouverte à en discuter, tout en posant ses conditions pour une réussite. Ces discussions pourraient être complexes et difficiles pour les deux partis. Mais la possibilité est bien réelle. C’est une orientation que l’auteur de ces lignes a défendue l’automne dernier. [i] coalition go...

Québec solidaire doit prendre position contre la liste de prohibitions de Bouchard-Taylor

La volonté exprimée par le gouvernement libéral de faire adopter son projet de loi 62 sur la neutralité de l’État remet à l’ordre du jour politique la question épineuse des « signes religieux ». Comment Québec solidaire devrait-il se positionner dans cette nouvelle phase du débat ? Voici un argumentaire contre la prohibition des signes religieux pour les professions « coercitives » issue du rapport Bouchard-Taylor. Gérard Bouchard la défend toujours, mais Charles Taylor vient de s’exprimer en faveur de son abandon. Les membres de Québec solidaire sont divisés sur la question. Jusqu’à maintenant, l’aile parlementaire s’est exprimée en faveur de cette recommandation du fameux rapport, mais nous croyons qu’il est possible et souhaitable de changer cette position. Parce que ce n’est pas notre programme La section du programme portant sur les signes religieux a été adoptée en 2009, bien après la sortie du rapport de la commission. Si nous avions voulu repr...

Politique du caucus du PQ sur l’identité: Un compromis entre la lutte contre la discrimination… et la discrimination!

Le 24 novembre, le caucus du Parti québécois rendait publique un document d’orientation qui annonce ses intentions advenant l’élection d’un gouvernement péquiste en 2018 sur diverses questions concernant l’immigration, l’éducation, les signes religieux et autres sujets regroupés sous le chapeau de l’identité. Cette collection de mesures poursuit sur la lancée de la Charte des valeurs de 2013, tout en faisant des concessions significatives aux critiques qui avaient été émises à l’époque. Cependant, l’idée de fond demeure : l’État devrait pouvoir exercer diverses formes de discrimination tout en faisant la morale aux citoyennes et aux citoyens qui font de même dans la société. Cette politique incohérente n’augure rien de bon et devrait constituer un argument significatif à Québec solidaire contre toute alliance électorale ou gouvernementale avec ce parti. Discriminer un peu moins et plus tard D’abord, il faut reconnaître que le caucus péquiste met de côté ou remet à plus t...

L’assemblée constituante : pour une révolution démocratique

Les signes récents de recomposition du paysage politique [i] donnent une nouvelle urgence à la clarification de ce qu’on entend par assemblée constituante (AC) et du lien entre cette proposition politique et les efforts de renouvellement du mouvement indépendantiste. L’élection de Jean-François Lisée comme chef du PQ signale une autre mise en veilleuse de « l’option ». Mais les 10 000 voix pour Martine Ouellet et la persistance d’Option nationale indiquent que le camp des indépendantistes qui assument leur choix est encore bien en vie. L’arrivée dans le paysage du collectif Faut qu’on se parle , dont un des dix sujets de discussion est le renouvellement du mouvement indépendantiste est aussi un élément encourageant. Les États-généraux sur la souveraineté, à l’origine des OUI-Québec, avaient fait une place significative à l’AC dans leurs délibérations. On peut donc envisager une convergence indépendantiste progressiste autour d’une plateforme commune incluant l’ass...