Les partisans de la prohibition des signes religieux pour les travailleuses et travailleurs du secteur public évoquent fréquemment le cas de la France où cette mesure est en place depuis des lustres afin de justifier ce qu’on considère comme une sorte de rattrapage. La France serait un modèle de laïcité à suivre, tandis que le Québec, avec son laisser-aller pluraliste d’inspiration anglaise tarderait à compléter la laïcisation de ses institutions. J’avance qu’au contraire le modèle québécois, fondé sur l’acceptation de la diversité religieuse y compris dans ses manifestations vestimentaires, constitue la voie de l’avenir, tandis que le courant de pensée dominant en France s’accroche à un passé révolu et ce faisant dénature la notion même de laïcité. Aux origines révolutionnaires de la laïcité Dans la France d’Ancien régime, les privilèges de l’aristocratie et ceux du clergé allaient de pair, dans un système légal profondément inégalitaire. La monarchie absolue était fondée sur...