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Québec solidaire : le parti des enfants de la loi 101

Une des critiques les plus courantes de Québec solidaire (QS) consiste à associer ce parti au multiculturalisme canadien. Les débats actuels au sein du parti sur la laïcité et les signes religieux ont donné aux commentateurs une nouvelle occasion d’entonner en chœur ce lieu commun. Il se trouve que, lors de la dernière élection générale, QS est arrivé premier parmi les moins de 35 ans. Qu’est-ce qui caractérise cette tranche de la population ? Notamment le fait d’avoir fréquenté les écoles francophones et multiethnique créées par la Charte de la langue française (loi 101).
QS est donc le parti des enfants de la loi 101, de ces jeunes qui voient le peuple québécois comme la rencontre entre des gens de toutes origines autour du socle commun de la langue française. Bref, cette génération est allée à l’école de la politique d’interculturalisme mise en place par le gouvernement de René Lévesque. Cette politique était la seule réponse rationnelle au nouveau projet national canadien fondé …

Objectif : 3 millions de votes

Depuis le 1er octobre 2018, Québec solidaire n’est plus en mode de lutte pour sortir de la marge ou éviter d’y retourner. Avec 16% des votes, 10 députés et la reconnaissance officielle à l’Assemblée nationale, nous sommes un acteur politique incontournable et bien installé.
Notre prochain objectif sera de remporter les élections de 2022, ce qui va demander de doubler nos appuis. Nous avons obtenu environ 650 000 votes le 1er octobre dernier. La CAQ a remporté un gouvernement majoritaire avec 1,5 million de suffrages. Mais pour nous, ce n’est qu’un début. Pour réaliser notre projet politique, il faudra aussi remporter le référendum sur l’indépendance environ trois ans plus tard, ce qui implique de les doubler à nouveau.
En effet, on peut présumer que le taux de participation lors d’un tel référendum sera équivalent à celui de 1995 (93,25%), par opposition aux 66% de la dernière élection. La population ayant augmenté significativement entre 1995 et 2025, le nombre total de personnes …

Quelle stratégie contre le populisme de droite ?

Les dernières années ont été marquées par une montée inquiétante du populisme de droite à travers le monde. Ce courant politique est au pouvoir dans plusieurs pays d’Europe centrale et de l’Est, aux États-Unis, et probablement bientôt au Brésil. Il est marqué à la fois par une adhésion toute formelle à des institutions démocratiques et par un mépris profond pour des valeurs démocratiques comme l’égalité des droits et le pluralisme politique.
Ce populisme vise à imposer des valeurs conservatrices à toute la société en obtenant l’appui d’une majorité (ou d’une simple pluralité) de l’électorat. Les droits de la personne, les droits des femmes, le droit à la dissidence, les droits des minorités, le droit international n’ont alors aucune légitimité. C’est la dictature d’une majorité nationaliste et conservatrice instrumentalisée par des institutions superficiellement démocratiques. De là à une nouvelle forme de fascisme, il n’y a pas une grande distance à franchir.
C’est cette dynamique qu…

Le grand malentendu

La crise profonde du mouvement indépendantiste québécois est loin d’être résolue. La rupture entre Martine Ouellet, cheffe du Bloc québécois, et la majorité de ses députés, n’en est que le plus récent symptôme. Mme Ouellet et son équipe veulent donner au Bloc québécois une orientation clairement indépendantiste, tandis que les sept démissionnaires demeurent attachés à la notion très vague de « défense des intérêts du Québec ». Le retour de Jean-Martin Aussant au Parti québécois, avec toutes les contorsions rhétoriques qu’elle a demandé, ne fait que mettre en relief l’incapacité du PQ à clarifier sa démarche souverainiste : mettre à jour quelques études est une caricature d’approche bureaucratique et le contraire d’un appel à la mobilisation. La troisième place du PQ dans les sondages, une tendance lourde depuis plus d’un an, laisse présager une nouvelle crise majeure dans ce parti au lendemain des élections du 1er octobre. La situation actuelle du Bloc pourrait être un avant-goût de c…

« Notre gauche » : réponse à Favreau et Bouchard

Dans leur manifeste « L’Aut’gauche », Louis Favreau et Roméo Bouchard dénoncent ce qu’ils qualifient de « gauche multiculturelle et post-nationale ». Ce faisant, ils mettent l’accent sur un clivage significatif dans le paysage politique québécois des dernières années, soit les débats sur les accommodements raisonnables et la Charte des valeurs. Tout le reste de leur manifeste correspond pratiquement mot pour mot au programme de Québec solidaire. Il semble donc s’agir d’une déclaration clarifiant pourquoi les signataires du texte rejettent ce parti.
Ils considèrent que cette gauche, dont QS est l’expression dans le paysage électoral, sacrifie le projet politique collectif et les droits de la majorité au nom d’une défense des droits de toutes les minorités; une approche prétendument inspirée par la Charte canadienne des droits. Cette opposition entre le collectif et l’individuel, entre la communauté nationale et les minorités, nous semble un faux débat basé sur une caricature des idée…

Trump : un an de résistance

« Donald Trump est président des États-Unis. » Cette phrase, vraie depuis le 20 janvier 2017, est encore difficile à entendre ou à prononcer. L’incrédulité et le choc de la soirée électorale ont depuis cédé la place à l’horreur face à des politiques cruelles, discriminatoires et ploutocratiques  comme on n’en avait pas vues au moins depuis Reagan. Sans oublier un renouvellement constant de l’incrédulité de départ face à des déclarations (verbales ou tweettées) à l’emporte-pièce qui se suivent à un rythme essoufflant. 
Ma réaction initiale, comme dans les phases du deuil, avait été celle du déni. Trump ne pouvait pas vraiment gouverner comme il avait fait campagne : sur la base d’un racisme et d’un sexisme flagrants, d’un étalage sans gêne d’ignorance et d’incompétence, d’un manque total d’empathie, même feinte. Les institutions stables et solides que sont le Parti républicain, le Congrès, le système judiciaire et les bureaucraties des divers Départements allaient avoir raison de cet…

Changer le monde, rien de moins !

À l’occasion de la présentation de ma candidature comme responsable aux orientations, je disposais de deux minutes pour m’adresser aux personnes présentes, le vendredi soir du congrès, quelque part entre l’adoption de l’ordre du jour et les discours de nos invitées de la Catalogne. Plusieurs personnes sont venues me voir par la suite avec des commentaires très positifs et parfois la suggestion de le publier. Voici donc, approximativement, le contenu de ce petit discours. ************** Je vais prendre ce temps qui m’est accordé pour vous faire part de mes motivations, en commençant par vous faire une confidence.
Il y a des jours ou je désespère dans l’humanité.
Des jours ou je me dis qu’on n’y arrivera pas.
Qu’on ne développera pas collectivement la maturité qu’il faut pour cesser de détruire les écosystèmes qui nous donnent la vie et les liens sociaux qui lui donnent un sens.
Qu’on n’arrêtera pas de s’entretuer et de se brutaliser.
Qu’on ne créera pas des sociétés capables de mettre en…