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Affichage des articles du 2018

Le grand malentendu

La crise profonde du mouvement indépendantiste québécois est loin d’être résolue. La rupture entre Martine Ouellet, cheffe du Bloc québécois, et la majorité de ses députés, n’en est que le plus récent symptôme. Mme Ouellet et son équipe veulent donner au Bloc québécois une orientation clairement indépendantiste, tandis que les sept démissionnaires demeurent attachés à la notion très vague de « défense des intérêts du Québec ». Le retour de Jean-Martin Aussant au Parti québécois, avec toutes les contorsions rhétoriques qu’elle a demandé, ne fait que mettre en relief l’incapacité du PQ à clarifier sa démarche souverainiste : mettre à jour quelques études est une caricature d’approche bureaucratique et le contraire d’un appel à la mobilisation. La troisième place du PQ dans les sondages, une tendance lourde depuis plus d’un an, laisse présager une nouvelle crise majeure dans ce parti au lendemain des élections du 1er octobre. La situation actuelle du Bloc pourrait être un avant-goût de c…

« Notre gauche » : réponse à Favreau et Bouchard

Dans leur manifeste « L’Aut’gauche », Louis Favreau et Roméo Bouchard dénoncent ce qu’ils qualifient de « gauche multiculturelle et post-nationale ». Ce faisant, ils mettent l’accent sur un clivage significatif dans le paysage politique québécois des dernières années, soit les débats sur les accommodements raisonnables et la Charte des valeurs. Tout le reste de leur manifeste correspond pratiquement mot pour mot au programme de Québec solidaire. Il semble donc s’agir d’une déclaration clarifiant pourquoi les signataires du texte rejettent ce parti.
Ils considèrent que cette gauche, dont QS est l’expression dans le paysage électoral, sacrifie le projet politique collectif et les droits de la majorité au nom d’une défense des droits de toutes les minorités; une approche prétendument inspirée par la Charte canadienne des droits. Cette opposition entre le collectif et l’individuel, entre la communauté nationale et les minorités, nous semble un faux débat basé sur une caricature des idée…

Trump : un an de résistance

« Donald Trump est président des États-Unis. » Cette phrase, vraie depuis le 20 janvier 2017, est encore difficile à entendre ou à prononcer. L’incrédulité et le choc de la soirée électorale ont depuis cédé la place à l’horreur face à des politiques cruelles, discriminatoires et ploutocratiques  comme on n’en avait pas vues au moins depuis Reagan. Sans oublier un renouvellement constant de l’incrédulité de départ face à des déclarations (verbales ou tweettées) à l’emporte-pièce qui se suivent à un rythme essoufflant. 
Ma réaction initiale, comme dans les phases du deuil, avait été celle du déni. Trump ne pouvait pas vraiment gouverner comme il avait fait campagne : sur la base d’un racisme et d’un sexisme flagrants, d’un étalage sans gêne d’ignorance et d’incompétence, d’un manque total d’empathie, même feinte. Les institutions stables et solides que sont le Parti républicain, le Congrès, le système judiciaire et les bureaucraties des divers Départements allaient avoir raison de cet…