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Pluralisme et indépendance 2 – Pour une convergence des mouvements

Dans la première partie de ce texte [i] , nous avons identifié cinq catégories de positionnement de l’indépendance du Québec au plan des valeurs : 1. L’indépendance avant tout, 2. L’indépendance, une bonne chose, 3. L’indépendance comme moyen, 4. L’indépendance, si nécessaire et 5. L’indépendance, jamais de la vie! Ce pluralisme dans les attitudes face à l’indépendance nous indique que la meilleure stratégie en vue de constituer une majorité en faveur du pays consiste à développer un projet rassembleur ayant du contenu et ne se limitant pas au changement de statut politique pour l’État québécois. Dans cette deuxième partie, nous allons proposer des éléments de contenu pour le projet de pays qui répondent aux critères énoncés à la fin du premier texte, soit leur caractère rassembleur, leur potentiel mobilisateur et la contribution apportée par l’indépendance. Nous en présenterons trois : la réforme démocratique, la transition écologique et l’opposition aux politiques d’au...

Pluralisme et indépendance (1)

Depuis le référendum de 1995, les appuis pour l’indépendance du Québec sont demeurés minoritaires dans les sondages d’opinion. Les militantes et militants indépendantistes ont cherché par divers moyens à donner un nouveau souffle à leur projet, sans succès. Le débat sur la stratégie continue à diviser un mouvement globalement désorienté et plutôt pessimiste. Les milieux nationalistes sont partagés entre un courant désireux de mettre la perspective indépendantiste sur la glace pour mieux reprendre le pouvoir et un autre qui préfère perdre les élections que de renoncer à ses ambitions. Personne ne semble capable de mettre de l’avant une manière de gagner les élections tout en s’affirmant clairement pour l’indépendance. Beaucoup d’indépendantistes affirment qu’il faut mettr e de côté les divers contenus que pourrait avoir le projet de pays et mettre de l’avant une stratégie du plus petit dénominateur commun : l’indépendance tout court. D’autres, dont je suis, affirment au contrai...

Pour un conseil national permanent et autonome (Débat sur les statuts de Québec solidaire au congrès de mai 2016)

Un des problèmes identifiés dans la révision des statuts de Québec solidaire qui se conclura au congrès de la fin mai est l’incapacité du conseil national (CN) à jouer pleinement son rôle d’instance intermédiaire dans le fonctionnement du parti. En théorie (voir ses mandats à l’article 11.1), cette instance doit superviser d’assez près les activités du comité de coordination national, de l’aile parlementaire, de la commission politique et de tous les divers groupes de travail nationaux du parti. En fait, elle n’y arrive pas en raison de ses rencontres trop peu fréquentes (une fois par année, au plus) et mal situées dans le calendrier : en novembre, quand il est trop tard pour influer sur les priorités de travail politique et trop tôt pour prendre des décisions budgétaires et administratives. En conséquence, le comité de coordination national (CCN), composé d’une douzaine de personnes élues en congrès, se trouve à prendre des décisions qui devraient en principe être prises pa...

Une nouvelle option (et six autres !) sur le mandat de l’assemblée constituante

Le document préparatoire au congrès de mai présente trois options à propos du mandat de l’assemblée constituante (AC) en lien avec l’indépendance du Québec, ce qui sera probablement le débat le plus intense de la fin de semaine. La première option, qui n’est pas numérotée, consiste à conserver la formulation actuelle du programme, soit de confier à l’assemblée constituante elle-même le soin de déterminer le contenu de sa ou ses propositions en lien avec le statut politique du Québec. Elle peut soumettre à la population plus d’un projet de constitution, ceux-ci peuvent tous être basés sur un Québec indépendant ou être tous fédéralistes ou une combinaison des deux. Ce principe de la souveraineté de l’assemblée constituante est important étant donné le caractère fondateur et radicalement démocratique de l’AC. [i] Par contre, ce flou quant au mandat de l’AC est embêtant du point de vue de la communication politique, surtout en période électorale et en direction des indépendantist...

(Les prochains 10 ans de Québec solidaire) Faciliter l’alternance ou bâtir une alternative?

Dans les pays où on retrouve des partis de gauche issus des mobilisations récentes, ces nouvelles formations (Podemos, Bloc de gauche, Front de gauche, RISE…) finissent par se retrouver devant le même dilemme : participer à une forme ou une autre d’alliance avec la « vieille gauche » (ou des « nationalistes progressistes ») en vue de battre la droite (ou les fédéralistes) tout de suite ou garder son indépendance en vue d’une éventuelle et incertaine prise de pouvoir sur ses propres bases. Québec solidaire se retrouve maintenant devant une situation similaire. Est-ce que l’objectif consistant à « battre les libéraux » - dont on peut comprendre la logique après tous les dommages causés par le gouvernement Couillard - permettrait de justifier un certain degré de complicité de la part de Québec solidaire dans l’avènement d’un gouvernement péquiste? Nous croyons que non pour une foule de raisons déjà explicitées dans un texte précédent. [i] Mais la quest...